Femme forte et histoires de survivants

6 femmes autochtones que tous les Canadiens devraient connaître

Ces femmes ne sont peut-être pas dans nos livres d’histoire, mais elles ont accompli des choses incroyables pour leurs communautés

La plupart d’entre nous connaissent bien les noms de figures historiques comme Jacques Cartier, Laura Secord, Lucy Maud Montgomery et Terry Fox. Elles ont marqué l’histoire du Canada et sont soulignées dans les manuels et dans les cours d’histoire. Mais, l’histoire de ce pays n’a pas seulement été écrite par les colons : depuis des générations, les femmes autochtones façonnent le Canada et jouent un rôle important dans son histoire, même si leurs noms nous sont inconnus. Il est grand temps de faire leur connaissance.

 

Kenojuak Ashevak (1927-2013)

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Née sur la côte sud de l’île de Baffin, Kenojuak Ashevak est l’une des premières femmes de Cape Dorset à se consacrer au dessin et à devenir une artiste célèbre et reconnue. Kenojuak Ashevak utilisait différents outils dans son art, notamment des bâtons de graphite, des feutres, des crayons de couleur, de l’aquarelle et de la peinture acrylique. Elle créait également des sculptures en stéatite et de gravures sur pierre. Son mari, Johnniebo Ashevak, était aussi artiste, et le couple travailla souvent ensemble jusqu’à la mort de l’époux en 1972.

Kenojuak Ashevak est souvent considérée comme l’artiste inuite la plus renommée. Son travail a orné des timbres et pièces de monnaie canadienne, et le dessin Enchanted Owl ainsi que la gravure Rabbit Eating Seaweed sont devenus des œuvres d’art célèbres. Kenojuak Ashevak fut nommée membre de l’Académie royale des Arts en 1974 et compagnon de l’Ordre du Canada en 1982. Elle reçut deux doctorats honorifiques de l’Université Queen’s et de l’Université de Toronto. En 2001, son nom fut ajouté à l’Allée des célébrités canadiennes.

Mary Two-Axe Earley (1911-1996)

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Mary Two-Axe était une femme Mohawk, née dans la réserve de Kahnawake, au Québec. À l’âge de 18 ans, elle déménagea à New York où elle rencontra Edward Earley, un Américain d’origine irlandaise avec qui elle se maria. Mais, à la suite de leur union, elle perdit son statut d’Indien ainsi que le droit de vivre dans la réserve ou de participer à la vie de sa communauté.

Mary Two-Axe Earley ne l’entendit pas de cette oreille. Elle se lança dans la défense des droits des femmes autochtones et demanda que des modifications soient apportées à la Loi sur les Indiens. En 1968, elle créa l’association Droits égaux pour Femmes indiennes, un organisme provincial qui devint le fer de lance de ces changements. En dépit d’attaques provenant de tous les camps (même des dirigeants des Premières nations qui craignaient que laisser les femmes se marier à non-Indiens mine leur culture) et de drames tels que la mort de son mari, Mary Two-Axe Earley ne recula jamais. En 1985, le Parlement adopta le projet de loi C-31, qui modifia la Loi sur les Indiens en supprimant l’article discriminatoire qui enlevait le statut d’Indien aux femmes, et il redonna également leur statut à des milliers de femmes des Premières nations. Mary Two-Axe Earley fut la première femme à retrouver son statut d’Indien, qui lui fut redonné en 1985 lors d’une cérémonie avec David Crombie, alors ministre des Affaires indiennes et du Nord canadien.

Angela Sidney (1902-1991)

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Angela Sidney était une femme Tagish dont une grande partie de la vie fut consacrée à préserver les histoires de son peuple. Elle aimait écouter ses parents et proches lui raconter d’anciens récits, et elle voulait perpétrer les histoires, la langue et les danses Tagish, alors elle commença à les enseigner aux enfants. Pour que sa langue reste vivante, elle aida les linguistes et anthropologues dans leurs recherches. Elle participa à l’enregistrement de récits et à la publication de livres contenant des chansons, des histoires et des noms de lieux Tagish.

En 1986, Angela Sidney devint la première yukonnaise à recevoir l’Ordre du Canada, décerné pour souligner son important travail de préservation de la langue et de la culture Tagish.

Mikak (1740-1795)

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Née au Labrador, Mikak a joué un rôle important dans l’établissement de relations amicales entre les commerçants européens et les Inuits. Elle semble être la première Inuite à avoir fait le voyage jusqu’en Europe, puis à être revenue en Amérique du Nord (la plupart des passagers mourraient de maladies comme la variole et ne revenaient jamais). Elle est l’une des premières Inuites à être mentionnée dans les documents historiques.

Avec d’autres Inuits, elle fut constituée prisonnière par un officier de la marine anglaise, Francis Lucas, puis amenée à Londres. Là, elle impressionna celles et ceux qu’elle rencontra, notamment la royauté britannique. Des documents font mention de son charisme et de son intelligence. Elle apprit un peu d’anglais et parvint à gagner leur cœur des gens par son charme. De retour chez elle, elle aida les missionnaires à établir un premier poste au Labrador.

Nora Bernard (1935-2007)

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Nora Bernard était une activiste Mi'kmaq qui s’est battue pour l’indemnisation des survivants des pensionnats indiens. Enfant, elle passa cinq ans au pensionnat indien de Shubenacadie, une expérience qui l’a conduite à intenter un procès contre le gouvernement en raison des mauvais traitements qu’elle y subit. Au pensionnat, Nora Bernard défendait ses frères et sœurs et les autres enfants quand elle était témoin de mauvais traitements, mais en retour, elle était battue.

En 1995, elle fondit une organisation représentant les survivants de Shubenacadie. Le recours collectif qu’elle lança trouva rapidement écho dans tout le pays, et d’autres groupes et associations s’y joignirent, intentant ainsi une seule action en justice au niveau national. Nora Bernard ne put voir le fruit de son travail acharné. En 2007, peu de temps après qu’on ait décidé que des milliers de survivants seraient indemnisés, elle fut tuée par son petit-fils.

Jean Cuthand Goodwill (1928-1997)

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Jean Cuthand Goodwill, une femme crie de la Première nation de Little Pine, fut la première personne autochtone en Saskatchewan et l’une des premières personnes au Canada à devenir infirmière. Enfant, elle contracta la tuberculose et passa beaucoup de temps dans le milieu hospitalier, entourée de personnel médical, une expérience qui l’influença dans son choix de devenir infirmière. Elle commença sa carrière dans les régions rurales de la Saskatchewan, puis partit aux Bermudes, où elle s’employa à aider les personnes dans le besoin.

À son retour au Canada, elle se passionna pour les questions politiques et communautaires. Elle participa à la fondation de l’Association des infirmières et infirmiers autochtones du Canada et en fut présidente de 1983 à 1990. Elle fut la première femme autochtone à occuper le poste de conseillère spéciale de la ministre de la Santé nationale et du Bien-être social avant d’être nommée au ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien. Elle enseigna à l’Université de Regina, fut membre du comité directeur de l’Association canadienne de santé publique et fut présidente de la Société Canadienne pour la Santé Circumpolaire.

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