Santé et bien-être

Parlons discrimination

Par Cynthia Smith

Est-ce qu’il t’est déjà arrivé de subir de la discrimination parce que tu es autochtone? Comment as-tu réagi? As-tu même dit ou fait quelque chose? L’as-tu fait avec patience, gentillesse, amour? Peut-être as-tu toi-même fait subir de la discrimination à quelqu’un dans ta vie, consciemment ou inconsciemment. J’ai fait les deux : en subir et en faire subir.

J’ai subi de la discrimination parce que je suis autochtone, lorsque j’ai déménagé en ville quand j’étais enfant. Les autres enfants me traitaient d’Indienne, disaient que mes parents ne payaient pas d’impôts et qu’ils étaient tout le temps saouls, qu’on habitait dans des tipis, qu’on se promenait en motoneige. Je me souviens encore clairement de la scène. Plus tard j’ai aussi été touchée par les balles des « ben non t’es pas autochtone toi, elle est où, ta carte? », « combien de générations? », « t’as pas l’air autochtone, t’es sûre que t’es pas d’Amérique du Sud? ». Oui, je suis sûre. C’était le début pour moi d’un chemin vers la guérison et la fierté identitaire.

Une situation qui se produit fréquemment avec la discrimination identitaire est le phénomène de celui ou celle qui croit avoir le droit de décider qui tu es réellement. Peut-être est-ce un des nombreux effets collatéraux de la Loi sur les Indiens du gouvernement canadien, qui s’est octroyé le droit de nous définir en tant que nations, peuples, individus. Rappelons qu’il en a été ainsi parce qu’il voulait mieux nous assimiler, avec des intérêts monétaires et territoriaux en tête. C’est comme si depuis lors tout le monde pensait avoir hérité de ce pouvoir discrétionnaire, et on dirait que ça s’élargit dorénavant aux autres nations : « tu n’es pas marocain, tu es né ici » ou même à l’opposé « tu n’es pas canadien, tu es haïtien ».

J’ai déjà dit à une amie qu’elle n’était pas portugaise, mais bien québécoise. Je me suis sentie mal en dedans. Parce que j’avais subi la discrimination, et maintenant, je la lui faisais subir à mon tour. Plus tard, alors que j’étais sur ma route de guérison et de fierté identitaire, j’ai reparlé de cette discussion avec mon amie et je lui ai présenté mes excuses. Je lui ai dit que son cœur savait vraiment qui elle était et que je l’aimais et étais fière de la femme qu’elle était. Notre cœur sait réellement qui on est et d’où on vient.

J’ai appris qu’on fait souvent subir aux autres ce qu’on a subi soi-même, mais que ça n’est pas une excuse, et qu’on a la responsabilité d’être bons les uns envers les autres, de prendre soin les uns des autres, de répandre des sourires et fous rires, de la magie et de l’amour. J’ai appris qu’il n’y a qu’un Créateur (ou plusieurs, selon tes croyances, et peu importe son/leurs nom [s]), et que nous ne sommes qu’humains, que notre place est autour du cercle, à égalité avec tous les autres êtres vivants.

Subir de la discrimination à cause d’une partie de notre identité est quelque chose de douloureux, qui marque, qui laisse des traces. Nombreux ont perdu la vie, ont arrêté l’école, sont devenus malades, ont perdu confiance en eux à cause de la discrimination. Pensons-y deux fois avant de nous faire mal les uns aux autres. La guérison de nos peuples, à l’interne, et nos relations avec les autres peuples commence par la guérison intérieure de soi.

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