Culture

NOUS SOMMES : the ReMatriate Collective

Le mouvement en ligne lutte contre les stéréotypes en présentant la diversité et la force des femmes autochtones

Les médias traditionnels peignent souvent les femmes autochtones comme des victimes de crime et d’injustice. Les femmes autochtones savent cependant que cette perception est un stéréotype et connaissent leur propre force. 

Le collectif ReMatriate cherche à renforcer cet état de choses et à lutter contre la manière dont les femmes autochtones sont présentées dans les médias. Il s’agit d’un mouvement en ligne d’arts visuels et de décolonisation qui vise à rendre les messages plus positifs en laissant les femmes autochtones décider de la manière dont elles souhaitent être présentées.

Pour ce faire, le collectif va à la source, à savoir dans les communautés autochtones, où les femmes réaffirment leur identité, leur liberté d’expression et leurs modes de vie traditionnels en employant des méthodes contemporaines.

14188427_608165729345142_8397263863211765791_o.jpg

Le mouvement est piloté par un petit groupe de femmes de l’Ouest et du Nord du Canada, qui dirigent bénévolement le collectif comme un projet-passion. Kelly Edzerza-Bapty Denver Lynxleg et Jeneen Frei-Njootli préparent les images soumises à ReMatriate.

Le mouvement est simple : Des femmes autochtones soumettent des photos « habilitantes » d’elles-mêmes, qui sont ensuite affichées sur les réseaux sociaux de ReMatriate (Facebook, Instagram, Twitter et bientôt le site Web du collectif). Chaque photo est accompagnée d’une biographie et identifie le territoire de la femme représentée.

13346153_567734060054976_5539764209820744582_o.jpg

La campagne a été lancée, à l’origine, comme réponse au manque de respect dont a fait preuve le couturier DSquared (DSquared’s disrespectful “DSquaw” collection), et d’une interrogation : comment pourrait-on présenter les femmes autochtones sous un meilleur jour et faire en sorte que les gens puissent percevoir la diversité et la complexité de la réalité autochtone?

ReMatriate s’est transformé en un mouvement qui cherche à donner aux jeunes femmes autochtones des modèles positifs. 

« Il est très important de voir comment sont présentés d’autres Autochtones dans les médias, parce que les jeunes autochtones ne s’identifient pas réellement au reste de la société, explique Lynxleg. Il faut donc que les jeunes puissent s’identifier eux-mêmes, voir leur culture et leurs valeurs représentées de manière positive dans les médias. »

Toutes les photos sont accompagnées d’un énoncé ‘WE ARE’ (‘NOUS SOMMES – NDT). « Nous essayons de nous rapprocher de manière productive pour que les lecteurs puissent comprendre et nous percevoir de manière positive, ajoute Lynxleg. Nous voulons que les gens reconnaissent les différences existant dans nos cultures et la manière dont ces différences nous démarquent. Mais nous désirons aussi qu’ils comprennent que nous en sommes fiers et que ces différences nous rapprochent. » 

Edzerza-Bapty a mentionné que fournir des modèles auxquels les jeunes filles autochtones peuvent s’identifier est devenu un volet important de cette campagne, au même titre que démontrer la diversité et la dualité de l’indigénéité contemporaine.

« Le Canada est très diversifié et ses peuples autochtones le sont aussi, explique Edzerza-Bapty. Il importe que les gens le reconnaissent et de mettre fin au panindianisme ou au passéisme des photos noir et blanc. Toutes les photos de ReMatriate démontrent clairement que nous sommes des ‘cultures vivantes’. »

13603449_584892661672449_13078959052165380_o.jpg

Edzerza-Bapty et Lynxleg admettent que ReMatriate est foncièrement politique. Les femmes autochtones contestent les idées préconçues en se présentant comme des femmes fortes et confiantes, qui continuent de vivre leurs cultures et leurs traditions dans une société qui a tenté de les éliminer. C’est assez génial.

Pour le moment, Edzerza-Bapty, Lynxleg et le reste du collectif ReMatriate essaient d’atteindre les régions plus rurales du Canada et les aînés qui n’ont peut-être pas accès à Internet. L’an dernier, pour la Fête des mères, ReMatriate a invité les femmes à soumettre des photos d’elles-mêmes et de celle qui leur a donné la vie. Le mouvement a pu ainsi élargir son champ d’action en touchant d’autres générations et inviter des femmes à présenter les réalisations de membres de leurs familles.

Edzerza-Bapty a mentionné que beaucoup de femmes hésitent à soumettre des photos et qu’il peut leur être plus facile de soumettre la candidature d’une personne qu’elles admirent. « Nous avons constaté que les femmes font beaucoup de travaux qui ne sont pas forcément reconnus, mais nous désirons les mettre en valeur aussi. » 

Lynxleg espère que ReMatriate aura un effet durable sur les femmes des communautés autochtones. « J’espère que la promotion de bonté latérale de ReMatriate deviendra un moyen de nous rapprocher, que les femmes autochtones pourront utiliser comme moyen d’influencer notre comportement afin de nous rapprocher. »  

ReMatriate invite les femmes/womyn qui s’identifient comme étant Autochtones à soumettre des photos d’elles-mêmes ou celles d’amies, de proches ou de membres de leur communauté (avec leur permission), et à les envoyer à rematriate@gmail.com.


(Ta'une) Kelly Edzerza-Bapty est fille de la matriarche Etzenlee et membre de la Nation Tahltan. Elle est architecte et designer stagiaire dont la pratique vise à redynamiser les pratiques autochtones de construction autosuffisantes et fondées sur l’environnement et d’encourager l’émergence de communautés saines conçues et construites par des Autochtones.

Denver Lynxleg est fière membre déplacée de la Première Nation Tootinaowaziibeeng. En tant qu’ikwe à la peau claire, elle s’est penchée sur L’exploration des dialogues liés à l’identité culturelle, au travail émotionnel et à la décolonisation.

Plus d'histoires

Tea & Bannock : un blogue refuge pour les artistes visuels
Tracie Léost nous parle de sa course de 115 km de quatre jours pour accroître la sensibilisation au dossier des femmes et filles autochtones disparues ou assassinées
Mon « Journey of Hope »
Tracie Léost nous parle de sa course de 115 km de quatre jours pour accroître la sensibilisation au dossier des femmes et filles autochtones disparues ou assassinées
Eastern Owl

Mots clés

weremember indigenousveteransday http-spiritpanels-humanrights-ca

Participez à la discussion

Captcha?color=006091&locale=fr

S'il vous plaît entrer les caractères que vous voyez dans l'image ci-dessus.

Commentaires (0)